Et ils décrièrent devant les enfants d’Israël le pays qu’ils avaient exploré. Ils dirent: Le pays que nous avons parcouru, pour l’explorer, est un pays qui dévore ses habitants. (Nombres 13.32)

Vigueur et sagesse spirituelles sont mieux éprouvées lors des tâches ardues… Lorsque se manifestent les difficultés, quelle qu’en soit leur cause – l’Église militante n’étant pas l’Église triomphante – le ciel tout entier observe le perfectionnement de ceux qui assument des responsabilités sacrées. Certains trébuchent, d’autres écoutent les esprits séducteurs, d’autres encore choisissent les ténèbres à la lumière, car n’étant point sincères et loyaux. Comme leur Maître, ceux qui demeurent en Christ ne succombent pas et ne se laissent point décourager.

Étant à l’orée de la Terre promise, ne permettons à personne de renouveler l’erreur des espions infidèles. Ils admettaient que le pays visité était bon, mais déclarèrent que ses habitants, de vrais géants, étaient herculéens, alors qu’eux-mêmes paraissaient semblables à des sauterelles. Toutes les difficultés furent magnifiées et prirent des proportions insurmontables. Ils prétendirent qu’envisager de posséder cette terre était une pure folie. Mais Caleb les fit taire devant Moïse et dit: « Montons, emparons-nous du pays, nous y serons vainqueurs! »

Tel est le langage de la foi, mais les espions qui tinrent des propos décourageants ne se laissèrent pas déconcerter. Ils poursuivirent leur campagne de démoralisation. Ils exagérèrent les difficultés jusqu’à ce que la communauté bouleversée évolue dans la crainte et l’accablement.

Faisant fi des lamentations et de l’amertume, Caleb et Josué s’adressèrent au peuple: « Le pays que nous avons parcouru, pour l’explorer, est un pays très bon, excellent. » Mais le peuple souhaitait imaginer le pire, aussi, laissant la voix de Caleb retentir au-dessus du tumulte, ils prirent des pierres pour lapider ces hommes rendant un témoignage digne de foi…

Le peuple, affectionnant ses doutes et accordant foi aux espions infidèles, perdit sa bonne fortune. Il n’est pas impossible qu’en cette fin des temps, juste avant que nous ne pénétrions dans la Canaan céleste, le peuple de Dieu manifeste le même état d’esprit que celui de l’ancien Israël. Des gens débordants de doutes, de critiques et de murmures risquent de semer l’incrédulité et la méfiance et de récolter une abondante moisson. L’histoire d’Israël fut couchée sur un manuscrit pour nous instruire alors que la fin des temps est proche.

Ellen G. White – Manuscrit 6, 1892.