Tandis que Pierre et Jean parlaient au peuple, survinrent les sacrificateurs, le commandant du temple, et les sadducéens, mécontents de ce qu’ils enseignaient le peuple, et annonçaient en la personne de Jésus la résurrection des morts. Ils mirent la main sur eux, et ils les jetèrent en prison jusqu’au lendemain; car c’était déjà le soir. (Actes 4.1-3)

Les assertions tenues par les apôtres au sujet de la résurrection et de l’ascension de Jésus ébranlaient les principes fondamentaux de la doctrine saducéenne. Ceci ne pouvait être toléré. Très indignés, les prêtres et les chefs mirent la main sur les apôtres et les firent jeter en prison. Les disciples ne furent pas intimidés pour autant. Les derniers enseignements du Christ leur revenaient à l’esprit: « Celui qui a mes commandements et qui les garde, c’est celui qui m’aime; et celui qui m’aime sera aimé de mon Père, je l’aimerai, et je me ferai connaître à lui. »…

« Mais un ange du Seigneur, ayant ouvert pendant la nuit les portes de la prison, les fit sortir, et leur dit: Allez, tenez-vous dans le temple, et annoncez au peuple toutes les paroles de cette vie. » Nous constatons ici que des individus investis d’autorité ne doivent pas automatiquement être obéis, même s’ils prétendent être les instructeurs de doctrines bibliques. Nombreux sont ceux, aujourd’hui, qui s’indignent et s’estiment agressés lorsqu’une voix quelconque s’élève pour présenter des idées différant de leur point de vue religieux. N’ont-ils pas défendu leurs idées depuis longtemps, car estimant qu’elles font partie de la vérité? C’est ainsi que raisonnaient les prêtres et les rabbins à l’époque des apôtres. Que voulaient dire ces hommes incultes, certains n’étant que de simples pêcheurs, et présentant des idées totalement opposées aux doctrines que les prêtres et les chefs, des érudits, enseignaient au peuple? Ils n’avaient aucun droit de se mêler aux principes fondamentaux de leur foi.

Nous constatons que le Dieu du ciel fait appel à des âmes sincères pour qu’elles enseignent des vérités contraires aux doctrines établies. Les dépositaires de la vérité ayant été infidèles à la vérité sacrée, l’Éternel choisit d’autres individus ayant reçu les rayons du Soleil de Justice et défendu des vérités différant de celles des chefs religieux. Aveuglés par la colère, ces chefs spirituels laissèrent exploser ce qu’ils supposaient être une indignation justifiée, à l’encontre de ceux qui avaient rejeté leurs fables révérées…

Le Saint-Esprit jettera de temps à autre des faisceaux de vérité par des êtres choisis par lui; et personne, pas même un prêtre ou un chef, n’aura le droit de déclarer: « Tu ne dois pas faire de publicité pour tes idées, car je n’y adhère pas! » Car ce merveilleux « je » peut être tenté d’abandonner les enseignements du Saint-Esprit.

Ellen G. White – Lettre 38, 1896.