Pendant qu’il était à table avec eux, il prit le pain; et, après avoir rendu grâces, il le rompit, et le leur donna. Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent; mais il disparut de devant eux. (Luc 24.30-31)

Un simple souper composé de pain fut apprêté. Placé devant j’Hôte, ce dernier avança ses mains pour bénir la nourriture. Pourquoi les disciples reculèrent-ils, étonnés? Leur compagnon avançait ses mains comme le faisait leur Maître. Ils l’observèrent encore et distinguèrent sur ses mains les marques laissées par les clous. Ils s’exclamèrent en même temps: « C’est le Seigneur Jésus! Il est ressuscité des morts! »

Ils se levèrent pour se jeter à ses pieds et l’adorer. Mais il disparut de leur vue. Ils considérèrent la place de celui qui l’occupait et dont le corps avait été déposé dans la tombe. « Et ils se dirent l’un à l’autre: Notre coeur ne brûlait-il pas au-dedans de nous, lorsqu’il nous parlait en chemin et nous expliquait les Écritures? »

Transportés par cette grande nouvelle, ils furent incapables de s’asseoir et de parler. Leur fatigue et leur faim s’étaient envolées. Débordant de joie, ils reprirent le chemin emprunté, pour annoncer cette bonne nouvelle aux disciples restés en ville. La lune s’était voilée, mais le Soleil de Justice brillait pour eux. Leurs coeurs bondissaient de joie. Ils eurent l’impression d’évoluer dans un monde nouveau. Leur Sauveur était vivant! Ils ne pleurèrent plus sur lui, mais se réjouirent d’avoir un Rédempteur vivant… Ils véhiculaient le plus grand message jamais porté au monde, un message de bonnes nouvelles, à partir desquelles la famille humaine fonde tous ses espoirs, maintenant et pour l’éternité. Christ est ressuscité des morts!…

Certains segments de la route étaient incertains et dangereux, mais ils escaladèrent les parois abruptes, se laissant glisser sur les rochers lisses. Ils ne savaient pas et ne distinguaient pas qu’ils bénéficiaient de la protection de celui qui avait voyagé en leur compagnie. Avec leur bâton de pèlerin en main, ils pressèrent le pas, souhaitant accélérer le mouvement plus qu’ils ne le pouvaient. Ils s’égarèrent quelques instants, puis retrouvèrent leur route. Ils se mirent à courir, trébuchant parfois, pressant le pas, leur Compagnon invisible à leurs côtés.

Pénétrant à Jérusalem, ils se rendirent dans la chambre haute où Christ passa ses dernières heures pour instruire ses disciples. Il était tard, mais ils savaient que les disciples ne dormiraient pas tant qu’ils ne connaîtraient pas le sort du corps de leur Seigneur. Ils découvrirent la porte soigneusement verrouillée. Ils frappèrent pour entrer, mais aucune réponse ne leur parvint. Tout était silencieux. Ils donnèrent leurs noms. La porte fut déverrouillée avec soin, mais sitôt entrés, elle fut refermée pour écarter les espions de leur portée.

Ellen G. White – Manuscrit 113, 1897.