Portes, élevez vos linteaux; élevez-les, portes éternelles! Que le roi de gloire fasse son entrée! (Psaumes 24.9)

Christ désirait ardemment que les inquiets, les opprimés et les êtres épuisés viennent à lui pour qu’il leur offre la lumière de la vie, la joie et la paix que l’on ne trouve qu’en lui. Les pécheurs étaient l’objet de son profond intérêt, de sa pitié et de son amour. Cependant, à l’heure suprême de son intense soif de sympathie, de son douloureux procès et de sa terrible tentation, le plus prometteur de ses disciples l’abandonna; il fut obligé d’actionner tout seul le pressoir, tous l’ayant abandonné. Une atmosphère d’apostasie l’environnait. Des moqueries, des railleries et des blasphèmes, fusaient de tous côtés. Quelles seraient les perspectives de ses disciples dans un monde ne tolérant même pas le Fils du Dieu vivant?

L’oeuvre de Christ s’acheva lorsqu’il expira sur la croix en s’exclamant: « Tout est accompli ». La voie était ouverte, le voile s’était déchiré. Les pécheurs pouvaient s’approcher de Dieu sans offrir d’offrandes sacrificielles, sans recourir au prêtre. Christ, lui-même, devenait le prêtre éternel selon l’ordre de Melchisédech. Le ciel était son foyer. Il vint sur cette terre pour révéler le Père. Son oeuvre, sur le terrain de son humiliation et de ce formidable conflit, était achevée. Il monta au ciel et se tient pour toujours à la droite de Dieu.

Dans le tombeau de Joseph, il revêtit la robe de l’immortalité et attendit sur la terre que sa résurrection soit pleinement établie… Il se leva d’entre les morts pour préparer ses disciples avant son ascension à sa gloire céleste…

Le ciel patienta, tout en suivant avec intérêt, la fin du séjour du Fils de Dieu sur terre, dans un monde avili et ruiné par la malédiction de la transgression. Il monta, depuis le Mont des Oliviers, environné par un nuage d’anges qui l’escortèrent triomphalement vers la Cité de Dieu… Quel contraste entre la réception que reçut Christ au ciel et celle dont il avait bénéficié sur terre! Il n’existait plus de souffrance ou de peine à chaque pas. Il n’y avait plus de prêtres grincheux, examinant chacune de ses paroles pour les interpréter à tort et en faire une occasion de harcèlement, d’injures, d’insultes et de railleries.

Après cette profonde humiliation et ses immenses souffrances, enfin cette exaltation profonde! Il aurait pu devenir le Sauveur et le Rédempteur en commençant par être le Sacrifié.

Ellen G. White – Manuscrit 128, 1897