Les gardes tremblèrent de peur, et devinrent comme morts. (Matthieu 28.4)

Mais où se trouvaient les gardes romains? Ils avaient eu l’occasion d’assister à la venue de l’ange puissant qui avait entonné un cantique triomphant à la naissance du Christ. Maintenant, les anges célébraient l’amour rédempteur…

Lorsque les anges disparurent, les gardes romains se redressèrent, se précipitant du mieux qu’ils purent, les membres chancelants, vers la porte du jardin. En arrivant, tels des aveugles ou des hommes ivres, leurs visages étaient aussi pâles que la mort, ils racontaient à ceux qu’ils rencontraient les scènes merveilleuses auxquelles ils avaient assisté. Des messagers les précédèrent rapidement vers les grands prêtres et les chefs, relatant du mieux qu’ils pouvaient les événements de la nuit. Les gardes souhaitaient s’entretenir tout d’abord avec Pilate, mais les prêtres et les chefs exigèrent qu’ils se présentent à eux. Ces rudes soldats avaient une étrange apparence lorsqu’ils relataient la résurrection de Christ et celle de la multitude, rappelée à la vie par celui qui a le pouvoir de ressusciter…

Ils ne disposaient pas de temps pour imaginer ou énoncer des contrevérités. Ils espéraient que leur récit les disculperait auprès des leurs chefs. Mais ces derniers n’étaient pas satisfaits de leur rapport…

Ces soldats furent soudoyés pour présenter un faux rapport. Les prêtres les assurèrent que si le récit parvenait aux oreilles de Pilate, ce qui ne manquerait pas de se produire, ils seraient tenus comme personnellement responsables des actions des soldats. Ils versèrent des pots-de-vin à Pilate pour qu’il se taise. Ils firent davantage. Par des messagers spéciaux, ils envoyèrent, à travers tout le pays, un rapport préparé par leurs soins…

Beaucoup crurent en Jésus lorsqu’ils assistèrent à ces scènes saisissantes. Ils se souvinrent de la voix, entendue au pied de la croix, au milieu du bruit et de la confusion: « Le centenier, qui était en face de Jésus, constatant qu’il avait expiré, dit: Assurément, cet homme était Fils de Dieu »; tous les yeux se tournèrent vers le lieu d’où leur venait cette voix. Qui avait parlé? Il s’agissait du centurion et de soldats romains, païens et idolâtres.

Qu’est-ce qui éclaira et convainquit ces hommes de ne point s’abstenir de confesser leur foi en Jésus? Ce fut le sermon que prêcha Christ par chacun de ses gestes et par son silence, lorsqu’il fut cruellement maltraité. Dans ce corps lacéré, meurtri et brisé accroché à la croix, le centurion reconnut le Fils de Dieu.

Ellen G. White – Manuscrit 115, 1897.