Et voici, le voile du temple se déchira en deux, depuis le haut jusqu’en bas, la terre trembla, les rochers se fendirent. (Matthieu 27.51)

Au coucher du soleil, la veille du sabbat, les trompettes retentirent pour annoncer le début du sabbat. Le jour suivant, le parvis du Temple grouillait d’hommes venant adorer Dieu… Néanmoins, jamais les services ne furent célébrés dans une atmosphère aussi énigmatique. Les trompettes, les instruments de musique et les voix des interprètes n’avaient rien perdu de leur puissance et de leur sonorité coutumière, mais une ambiance étrange régnait. Chacun s’enquit de l’événement insolite survenu récemment. Jusqu’ici, le lieu Très Saint avait toujours été préservé de toute intrusion.

Le souverain sacrificateur y pénétrait une fois par année. À présent, une expression d’horreur se lisait sur tous les visages, ce lieu étant ouvert à tous les regards. À l’instant même où Christ expira, le lourd voile de tapisserie en pur lin, magnifiquement tissé de pourpre et de carmin, avait été déchiré de part en part. Le lieu dans lequel Jéhovah rencontrait le prêtre et lui communiquait sa gloire, ce lieu spécialement consacré à Dieu, béant à présent, n’était plus reconnu par l’Éternel.

Un grand nombre de ceux qui s’étaient réunis pour les services de Pâque ne prirent plus jamais part aux services. Mais il fallait que la lumière brille dans leurs coeurs; les disciples devaient leur communiquer la nouvelle de la venue du grand Enseignant.

Selon leur habitude, les gens amenèrent leurs malades sur le parvis du Temple et réclamèrent Jésus de Nazareth, le grand Médecin. Certains étaient venus de loin pour le voir et l’entendre. Ils ne désiraient pas s’en aller, mais furent écartés du parvis du Temple. Le peuple de Jérusalem ne put s’empêcher d’établir une comparaison entre cette scène et celles où Jésus évoluait au milieu d’eux.

De tous côtés, on entendait: « Nous désirons Christ, le Médecin. » Un monde sans Christ était bien sombre et obscur, non seulement pour les disciples et les malades, mais également pour les prêtres et les chefs. Les conducteurs juifs et même les autorités romaines craignaient le fantôme du Christ plus qu’ils n’avaient redouté Jésus durant sa vie. Les gens apprirent que Jésus avait été mis à mort par les prêtres. Des questions furent posées à ce sujet. Les coulisses du procès furent conservées secrètes, mais durant son séjour dans le tombeau, son nom fut prononcé par des milliers de lèvres et des commentaires sur son faux procès et sur l’inhumanité des prêtres et des chefs circulèrent partout.

Ellen G. White – Manuscrit 111, 1897. (Ellen G. White Manuscript Releases 12, pages 417419.)