L’opprobre me brise le coeur, et je suis malade; j’attends de la pitié, mais en vain, des consolateurs, et je n’en trouve aucun. Ils mettent du fiel dans ma nourriture, et, pour apaiser ma soif, ils m’abreuvent de vinaigre. (Psaumes 69.20-21)
Le Fils immaculé de Dieu était là, suspendu à la croix, les chairs lacérées de coups; ses mains qui s’étaient si souvent étendues pour bénir, étaient clouées au bois; ses pieds, toujours infatigables au service de l’amour, étaient cloués, eux aussi; sa tête royale était meurtrie par une couronne d’épines; ses lèvres tremblantes laissaient échapper un cri de douleur. Tout ce qu’il a souffert – les gouttes de sang qui ont coulé de sa tête, de ses mains, de ses pieds, l’agonie qui a secoué son corps, l’angoisse inexprimable qui a rempli son âme quand le Père lui a dérobé son visage – tout parle à chaque enfant de l’humanité: C’est pour toi que le Fils de Dieu consent à porter ce fardeau de culpabilité; pour toi il a dépouillé la mort et ouvert les portes du Paradis…
Les souffrances que le Christ endure sur la croix sont l’accomplissement de la prophétie. Plusieurs siècles avant la crucifixion, le Sauveur avait prédit le traitement qui lui était réservé. Il avait dit: « Des chiens m’ont environné; une bande de malfaiteurs m’a entouré; ils ont percé mes mains et mes pieds. Je pourrais compter tous mes os! Mes ennemis me regardent et m’observent: ils partagent entre eux mes vêtements et ils tirent au sort ma robe. » La prédiction relative au partage de ses vêtements s’accomplit sans l’intervention des amis ou des ennemis du Crucifié. Ses vêtements sont distribués aux soldats qui l’ont cloué à la croix. Le Christ entend se disputer les hommes qui font le partage. Comme sa robe est sans couture, tout entière d’un seul tissu, ils se disent les uns aux autres: « Ne la déchirons pas, mais que le sort désigne celui à qui elle sera. »
Le Sauveur avait dit dans une autre prophétie: « Les outrages m’ont brisé le coeur et je suis anéanti. J’attendais un ami qui eût pitié de moi, mais en vain; des consolateurs, mais je n’en ai pas trouvés! Mes adversaires mettaient du fiel dans ma nourriture, et pour apaiser ma soif, ils m’abreuvent de vinaigre. » On accordait un breuvage narcotique à ceux qui devaient endurer le supplice de la croix, permettant d’endormir les sens. On en offre à Jésus, mais dès qu’il y a goûté, il refuse cette boisson. Il ne veut rien prendre qui puisse obscurcir son intelligence. Sa foi en Dieu doit rester ferme; c’est sa seule force. En affaiblissant ses sens, il donnerait un avantage à Satan.
Les ennemis de Jésus exhalent leur fureur sur celui qui est suspendu à la croix. Prêtres, principaux et scribes se joignent à la foule pour insulter le Sauveur mourant. À l’occasion du baptême et de la transfiguration, Dieu avait proclamé que le Christ était son Fils. Une fois encore, peu de temps avant la trahison, le Père avait rendu témoignage à sa divinité. Mais à présent la voix céleste reste silencieuse. Aucun témoignage ne se fait entendre en faveur du Christ. Il est livré aux mauvais traitements et aux moqueries des méchants.
Ellen G. White – Jésus-Christ, pages 759, 750, 751.

