Lorsqu’ils furent arrivés au lieu appelé Crâne, ils le crucifièrent là, ainsi que les deux malfaiteurs, l’un à droite, l’autre à gauche. (Luc 23.33)

« Pour sanctifier le peuple par son propre sang », le Christ « a souffert hors de la porte ». Pour avoir transgressé la loi de Dieu, Adam et Ève furent chassés d’Éden. Christ, notre substitut, devait souffrir en dehors de Jérusalem. Il mourut « hors de la porte », à l’endroit même où étaient exécutés les traîtres et les assassins. On comprend dès lors la profonde signification de ces paroles: « Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi, étant devenu malédiction pour nous. »

Le Christ s’est substitué à nous, il a porté l’iniquité de chacun. Il s’est retrouvé parmi les transgresseurs pour nous racheter et nous soustraire à la condamnation de la loi. La culpabilité de tous les descendants d’Adam pesait sur son coeur; la terrible colère de Dieu, à l’encontre du péché, consternait l’âme de Jésus. Durant toute sa vie, Christ n’avait cessé de publier la bonne nouvelle de la grâce du Père et de l’amour qui pardonne, à un monde perdu. Le salut du pécheur, tel était son thème de prédilection. À présent, sous le poids de la culpabilité qui l’accable, il ne lui est même pas donné l’occasion d’apercevoir le visage miséricordieux du Père. Personne ne comprendra jamais la douleur fulgurante qu’éprouva le Sauveur en cette heure d’angoisse suprême, où la présence divine lui avait été retirée. Son agonie morale fut si grande qu’il en oubliait ses tortures physiques.

Satan assiégeait Jésus de ses tentations redoutables. Le Sauveur ne voyait pas au-delà de la tombe. L’espérance l’avait déserté, il n’entrevoyait plus de victoire sur le sépulcre; il craignait que la séparation ne soit éternelle. Le Christ ressentit l’angoisse que tout pécheur éprouve quand la grâce cesse d’intercéder en faveur d’une race coupable. C’est ce sentiment de péché, attirant la colère du Père sur lui, substitut de l’homme, qui rendit sa coupe si atrocement amère et qui brisa le coeur du Fils de Dieu.

Le Christ avait vidé jusqu’à la lie, la coupe de la souffrance humaine. Durant ces heures effroyables, il s’était reposé par la foi en celui qu’il avait toujours obéi joyeusement et dont il connaissait la justice, la miséricorde et le grand amour. Au moment où il se soumit totalement à Dieu, il cessa de se sentir privé de la faveur de son Père. Le Christ remporta la victoire par la foi!

Ellen G. White – Jésus-Christ, pages 745, 757, 760.