Ainsi donc, que celui qui croit être debout prenne garde de tomber! (1 Corinthiens 10.12)
Juste avant la chute de Pierre, Christ lui dit: « Simon, Satan vous a réclamés, pour vous cribler comme le froment. » Quelle amitié authentique que celle du Sauveur pour Pierre! Combien son avertissement est-il plein de compassion! Mais il ne fut pas apprécié. Débordant de suffisance, Pierre déclara qu’il n’agirait jamais de la sorte. « Seigneur, lui dit Pierre, je suis prêt à aller avec toi et en prison et à la mort. » Sa trop grande confiance en lui l’entraîna à la ruine. Il invita Satan à le tenter et succomba aux artifices de l’ennemi rusé. Lorsque Christ avait le plus besoin de lui, il demeura aux côtés de l’ennemi et renia ouvertement le Seigneur.
Mais, alors même que Pierre le reniait, Christ lui manifesta son affection. Dans le prétoire, environné par ceux qui en voulaient à sa vie, Jésus eut une pensée pour son disciple souffrant et errant et, tournant la tête, il le regarda. Dans ce regard, Pierre lut tout l’amour et la compassion du Sauveur, et une vague de souvenirs le submergea. Il réalisa qu’il faisait exactement ce qu’il avait affirmé ne pas faire. Une fois de plus, il regarda son Maître et vit une main sacrilège le giflant. Incapable d’endurer plus longtemps cette scène, il quitta ce lieu, le coeur brisé.
Solitaire, il s’enfonça dans les ténèbres, ne sachant où il se rendait. Finalement, il parvint au Jardin de Gethsémané. La scène vécue quelques heures plus tôt lui revint très clairement en mémoire. Il pensa à l’agonie du Sauveur et à sa quête de sympathie et de réconfort auprès de ceux qui lui étaient si proches…
À l’endroit même où Jésus déchargea son âme en pleine agonie, Pierre tomba, le visage en avant, et souhaita mourir… Si Pierre avait été livré à lui-même, il aurait été vaincu. Mais celui qui pouvait dire: « Père, je sais que tu m’entends toujours », celui qui est assez grand pour sauver, intercéda en sa faveur. Christ sauve totalement ceux qui viennent à lui.
Nombreux sont ceux, aujourd’hui, qui se tiennent là où s’est tenu Pierre, lorsque plein de confiance il déclara qu’il ne renierait pas le Seigneur. Trop imbus d’eux-mêmes, ils tombent et sont une proie facile pour Satan. Ceux qui réalisent leur faiblesse croient en un pouvoir plus grand que le leur. Alors qu’ils contemplent Dieu, Satan n’a aucun pouvoir sur eux.
Il est des leçons qui ne seront jamais apprises sauf par l’échec. Pierre fut un homme meilleur après sa chute. De même que le feu purifie l’or, Christ purifie son peuple par la tentation et l’épreuve.
Ellen G. White – Manuscrit 115, 1902

